Ce que l'océan fait réellement à votre façade
L'air marin de Biarritz transporte en permanence des aérosols salins — des micro-gouttelettes d'eau de mer arrachées à la crête des vagues, particulièrement abondantes les jours de houle sur la Côte des Basques ou à la Milady. Portées par les vents dominants d'ouest et de nord-ouest, elles se déposent sur les façades exposées et y laissent, après évaporation, des cristaux de sel. Ce sel agit de deux façons. D'abord mécaniquement : en cristallisant dans les pores de l'enduit ou de la pierre, il exerce une pression interne qui désagrège lentement la matière — c'est l'haloclastie, visible sur les appuis et les corniches qui s'effritent. Ensuite biologiquement : le sel est hygroscopique, il capte l'humidité de l'air et maintient le mur humide bien après la pluie. Ajoutez les 1 450 mm de précipitations annuelles et des hivers sans gel durable, et vous obtenez un milieu où algues, mousses et lichens prospèrent toute l'année. C'est pourquoi une façade biarrote exposée à l'ouest s'encrasse deux à trois fois plus vite que la même façade à dix kilomètres dans les terres — et pourquoi l'entretien y est moins une option qu'un rythme à trouver.